Le principe des reprises expansées consiste à réactiver des savoirs plusieurs fois et à des intervalles de plus en plus espacés afin d’ancrer, durablement, des connaissances et de faciliter les apprentissages.

Avant la présentation de cette pratique aux élèves, pour chacune de mes classes de collège (6e, 5e, 4e, 3e), j’ai commencé par sélectionner les premiers savoirs qui me paraissaient essentiels et qui ne devaient pas être des obstacles aux nouveaux apprentissages.

A partir de cette liste, j’ai bâti un calendrier de révisions (cliquez sur l’image pour télécharger le calendrier) :

Après une présentation du fonctionnement du cerveau aux élèves (merci Mme Filleul), j’ai présenté à mes classes ce principe des reprises expansées en leur expliquant que seule la répétition permet un ancrage satisfaisant des connaissances et donc des progrès.

Je leur ai, ensuite, distribué ledit calendrier des reprises expansées en leur indiquant que chaque date correspondait à un test formatif (Quizlet, Plickers, Challenges-Ardoises etc.). Ce calendrier est le support qu’ils doivent consulter tous les jours pour s’assurer de n’oublier aucune date de test. Pour plus de lisibilité, les élèves ont en charge de barrer les dates des tests passées.

Ce calendrier est, durant l’année, complété par l’élève sous le contrôle du professeur qui indique quelle notion doit y être notée  ainsi que les dates des tests.

Cette pratique étant complètement nouvelle pour les élèves, il faut quelques semaines pour qu’ils prennent le réflexe de consulter le calendrier des reprises expansées. J’ai dû rappeler régulièrement la nécessité de cet outil et de son usage. Les élèves les plus autonomes ont très vite compris l’intérêt de cette modalité d’apprentissage, les autres demandent un accompagnement plus soutenu.

Les tests peuvent prendre plusieurs formes et l’élève ne sait jamais quelle va être la modalité choisie par le professeur pour vérifier le travail de mémorisation :

  1. test papier (généré par Quizlet)
  2. test Plickers (limite le temps de correction pour le professeur )
  3. Challenges-Ardoises (compétition entre îlots)  
  4. Questions d’îlot à îlot

Pour préparer ces tests, des outils sont fournis aux élèves :

1- fiches de mémorisation (complétées en classe ou entièrement réalisées par le professeur)

2-flashcards Quizlet (permettant un apprentissage ludique autonome)

3-temps de mémorisation en présentiel (lors du rituel de début de cours, par exemple)

J’ai évoqué, un peu plus haut, des tests qui étaient formatifs. Je tiens à préciser que, malgré cette appellation, chaque test donne lieu à une notation chiffrée  mais que chaque élève n’ayant pas réussi son test va le refaire autant de fois que nécessaire afin d’obtenir un résultat satisfaisant et valorisant qui remplacera le résultat insatisfaisant. La notation reste donc exclusivement positive et a pour objectif principal de réconcilier l’élève avec l’évaluation et, ainsi, de restaurer l’image de soi. Je ne cache pas l’aspect chronophage de cette modalité. Toutefois, les résultats sont encourageants. Un maximum d’élèves acquièrent, de façon durable, les essentiels des cours de français.

Les tests sont effectués en début de séance (rituel de mémorisation en présentiel) après un temps de relecture des fiches de mémorisation concernées.

Au début de l’année, les élèves se plaignaient d’être perpétuellement évalués mais, avec le temps, ils considèrent ce moment de l’évaluation comme un temps « normal » de l’apprentissage. L’autonomie de chacun se développe à des rythmes différents, certes, mais se développe quand même. Ils savent que ces temps d’évaluation ne sont en aucun cas sommatifs et qu’ils auront le temps nécessaire avant qu’un résultat ne soit arrêté.

Nous n’en sommes pas encore au transfert de cette méthode dans les autres matières mais j’essaye de les inciter à pratiquer la méthode des reprises expansées et des fiches de mémorisation dans chaque matière. Je pense qu’une telle ambition doit être plus facilement atteignable en lycée ou avec des élèves de collège extrêmement autonomes.

Je souligne que cela reste une pratique qui prend du temps et qui ralentit l’avancée dans ma programmation annuelle. Toutefois, au vu des évaluations sommatives, je constate que les résultats sont encourageants. On fait donc « moins mais mieux ». En toute honnêteté, j’ai l’impression de n’avoir jamais autant travaillé.

 

 

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